"Allez les vers !!!"
De KABOUL à VIERZON
Chaque photo de cette serie, commencée il y a 25 ans avant SARS COV2, est née d'une démarche purement
intellectuelle et non plasticienne.
Démarche intellectuelle, j'entend par là la synthèse des coups de heule avinés au sortir des revus de
presse de comptoir,
ou des délires velléitaires d'une nade de réalistes abstraits rendant virtuellement justice autour d'un
plat de spaghettis enfumés.
C'est de ce bon terreau que germera l'idée, engraissée au fumier d'une actualité visuelle endémique qui
infecte nos foyers à la vitesse de l'éclair,
à travers les champs de parabole. 24 heures sur 24 ça grouilles dans le câble, plus vite, plus souvent,
plus prés, trop tard...
On a formaté nos esprits pour encaisser avec la même émotions, les images d'une famine en Afrique et
celles d'un rallye raid traversant ce continent avec ses caravanes de dollars?
On mange pendant des heures des images d'une marée de larves tricolores remontant les Champs,
fédérés par la victoire de meirs champions ; ailleurs, un gamin saute sur une mine en courant aprés le
ballon...
Poussée par le profit, le marché, le pouvoir, la désinformation tétévisuelle a totalement uniformisé nos
envies à des fin mercantiles et surtout nos émotions à des fin politiques.
Mais on pouvait éteindre la poste, faire taire PPDA et prendre le temps de rendre notre cerveau
disponible à s'ouvrir sur la réalité du monde.
Pas celle des vendeurs de sodas et leurs iconographie acidulées mais la réalité vibrante, souvent en
noir et blanc, que nous rapportaient mes McCullin, Burnett, Greene, Poveda...
à travers leurs témoignages photographiques dont la force des images ne pouvait que sublimer la simple
émotion.
Maintenant il y a des milliards d'écrans qui ronronnent au salon dans les cartables au fond des poches :
je snapchat, tu whatsapp, il twitte, nous facebook, vous youtubez, ils nous enfument.
Ces nouvelles technologies de télécommunications ont dans certains cas fait naître l'espoir d'une plus
grande liberté d'expression.
Elles ont certainement perverti notre approche age de l'information par l'instantanéité incontrôlable de
la diffusion de celle-ci; d'un clic de portable, une image en chassera une autre,
éphémère virtualité de témoignages photographiques sans analyse, sans âme et sans humanité.
NOB
photographies réalisées entre 1995 et 2015.